Et si votre OBNL faisait son « Great Lock-In » cet automne?

Et si votre OBNL faisait son « Great Lock-In » cet automne?

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Équipe Riposte

Chaque rentrée se ressemble un peu. On revient de vacances avec de l’énergie, des idées, des projets qu’on aimerait enfin faire avancer. On se dit que cette fois, on va prendre de l’avance. Puis septembre arrive pour vrai. Les réunions reprennent, les courriels s’accumulent, les urgences reviennent et, quelque part entre deux comités, les bonnes intentions du mois d’août commencent déjà à s’effacer. C’est peut-être pour ça qu’une tendance apparue sur les réseaux sociaux l’an dernier nous a interpellés : le Great Lock-In.

Le Great Lock-In, c’est quoi au juste?

Le phénomène a véritablement pris son envol sur TikTok à la fin de l’été 2025. Le principe est assez simple : consacrer les quatre derniers mois de l’année, de septembre à décembre, à quelques objectifs qu’on veut vraiment faire avancer.

Pas besoin de suivre un programme précis. Contrairement à d’autres défis très encadrés qui ont circulé sur les réseaux sociaux, le Great Lock-In n’a pas vraiment de règles. Chacun choisit ce sur quoi il veut « lock in » : finances, santé, carrière, projet personnel, nouvelles habitudes… L’idée est surtout de cesser de s’éparpiller et de concentrer ses efforts pendant quelques mois sur ce qui compte vraiment. 

En quelque sorte, plutôt que d’attendre les résolutions du Nouvel An, on décide de terminer l’année en mouvement. L’Associated Press l’a d’ailleurs joliment décrit comme la « petite sœur » des résolutions du Nouvel An.  

Et forcément, ça nous a fait penser aux OBNL.

Parce que nos OBNL aussi s’éparpillent parfois

Soyons justes : ce n’est généralement pas parce qu’elles manquent d’idées. Et ce n’est pas nécessairement parce qu’elles manquent de stratégie non plus.

Beaucoup d’organisations ont fait un exercice de planification stratégique au cours des dernières années. Elles ont déterminé des orientations, identifié des priorités et adopté un plan d’action. Puis la vraie vie organisationnelle a repris.

Une personne quitte. Un financement doit être renouvelé. Un événement approche. Le conseil d’administration demande quelque chose. Une urgence apparaît. Puis une deuxième. Et tranquillement, certaines actions prévues au plan stratégique passent de « cette année » à « quand on aura le temps ». 

Le problème n’est donc pas toujours le plan. C’est parfois simplement qu’on a perdu le fil entre la stratégie et l’action.

Et si le Great Lock-In devenait un rendez-vous tactique?

C'est là que l'idée devient intéressante. Imaginez qu’à chaque rentrée, votre organisation se donne quelques heures pour ressortir son plan stratégique. Pas pour le refaire. Pas pour organiser une retraite stratégique de deux jours. Pas pour repartir dans une grande réflexion sur la mission, la vision et les valeurs. Simplement pour se poser quelques bonnes questions :

  • Où en sommes-nous réellement?
  • Qu’est-ce qui a avancé depuis le début de l’année?
  • Qu’est-ce qui n’a pas avancé?
  • Certaines priorités ont-elles changé?
  • Et surtout : quelles sont les trois ou quatre actions qui méritent vraiment notre attention d’ici le 31 décembre?

Voilà ce que pourrait être le Great Lock-In des organisations. Un moment d’arrimage tactique entre ce qu’on avait décidé de faire… et ce qu’on fait réellement.

Trois ou quatre choses. Pas quinze.

C’est probablement la partie la plus difficile. Un Great Lock-In ne devrait surtout pas devenir une nouvelle liste de choses à faire. Au contraire.

Si votre plan stratégique comporte 27 actions et que votre équipe en choisit quatre qui doivent absolument avancer cet automne, vous venez de faire quelque chose d’important : vous avez choisi.

Pour une organisation, ça pourrait vouloir dire enfin revoir l’expérience membre. Mettre en place un processus qui traîne depuis six mois. Faire le ménage de son écosystème numérique. Revoir certains indicateurs. Automatiser une tâche administrative. Améliorer sa stratégie de contenu. Terminer un chantier de gouvernance. Ou simplement réaliser une action importante du plan stratégique qu’on repousse depuis trop longtemps.

Le choix appartient à chaque organisation. Mais il devrait être assez limité pour qu'en décembre, on puisse dire : ça, c'est fait.

Faire moins pour faire avancer davantage

Il y a quelque chose d’assez sympathique dans cette tendance née sur TikTok. Derrière son nom un peu spectaculaire se cache finalement une idée très simple : on n’est pas obligé d’attendre janvier pour recommencer. Septembre est déjà un nouveau départ.

Et pour une organisation, la rentrée peut être davantage qu’un retour au bureau et une reprise des activités. Elle peut devenir un moment pour reprendre son plan stratégique, regarder honnêtement où on en est et remettre de l’énergie là où elle aura le plus d’impact. Pas une nouvelle planification ni une nouvelle liste de résolutions. Un réalignement, quelques priorités, quatre mois et on s’y met.

Alors, avant que l’automne ne soit complètement lancé, ressortez votre plan stratégique. Vous y trouverez peut-être votre « Great Lock-In. »

L’équipe Riposte

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